Ce séminaire sera consacré à la
« métaéthique », une branche de
l’éthique qui a été créée et développée par des philosophes analytiques
anglo-saxons. Elle traite de problèmes comme : Que veut-on
dire en disant
de quelque chose que c’est « bien » ou
« mal » ? Peut-on
avoir un accès cognitif au bien et au mal ? Les énoncés moraux
peuvent-ils
avoir une valeur de vérité ou sont-ils d'une toute autre
nature ? etc.
Nous commencerons par une présentation de quelques
positions classiques
défendues en métaéthique (G.E. Moore, A. Ayer, J. Mackie). Puis, nous
aborderons les approches méthaétiques développées par des philosophes
qui
tiennent compte des données évolutionnistes (R. Campbell, M. Ruse, A.
Gibbard
etc.). Par « données évolutionnistes », il faut
comprendre les acquis
de différentes sciences comme la biologie comportementale, la théorie
des jeux,
la neurobiologie etc.
Les êtres humains sont-ils capables d'agir de
manière authentiquement
altruiste? Si oui comment cela s'explique-t-il? Dans leur fameux livre Unto
Others, les sociobiologistes D.S. Wilson et E. Sober
constatent qu'à ce
jour, les efforts déployés par les philosophes depuis des centaines
d'années
n'ont pas fourni de réponse convaincante à ces questions. Wilson et
Sober ne
sont pas les seuls à exprimer cette conviction. Dès les années 60, face
à ce
qu'ils considèrent comme un échec de la philosophie, un bon nombre de
sociobiologistes proposent de traiter les questions liées à l'altruisme
au
moyen de nouveaux outils théoriques fournis par la biologie évolutive
et la
théorie des jeux... Ainsi, ils expliquent le phénomène de l'altruisme
en termes
de "succès de reproduction", "réplication génétique",
"effet phénotypique", "stratégie évolutionnairement
stable", etc.